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Le Divan familial n°41 : Destins du couple dans la famille
Le couple constitue-t-il toujours le socle de la famille ?
Le XXe siècle a consacré le mariage d’amour et renié le mariage de raison, parallèlement à l’émancipation de la femme et à son accession au monde du travail. Aujourd’hui, au travers de formes d’unions diverses, les alliances se font et se défont plus souvent que jamais. Dans cette évolution sociétale, que deviennent le couple et ses raisons d’être ?
« On ne s’aime plus », « Je n’ai plus de sentiments pour lui/elle » sont des formulations qui hantent les cabinets des thérapeutes. L’expression d’un pouvoir féminin croissant pourrait avoir modifié les cartes du jeu subtil auquel se livrent les couples : le romantisme occupe le devant de la scène manifeste, parfois au détriment de toute rationalité. En même temps que l’activité fantasmatique s’engourdit, l’ambivalence des affects dans le lien se révèle avec une puissance insoupçonnée, bousculant aussi les alliances inconscientes qui sont à l’origine du couple. Serait-ce l’occasion de (re)découvrir un lien de couple où l’emprise ne soit plus source de jouissance ?
La place et les fonctions du couple dans la famille ont évolué et le lien intersubjectif qui le définit se révèle en définitive plus menacé et vulnérable. Le couple reste le seul axe intrafamilial où la vie sexuelle est admise et cette loi demeure structurante pour la pérennité de la famille, favorisant la transmission non seulement de la loi, mais aussi d’une masse de matériel conscient et inconscient entre les générations. Quels rôles ont les familles d’origine dans l’évolution qui se joue actuellement ? N’est-il pas temps de se demander si le couple, cet appareillage conscient et inconscient, constitue encore et avant tout le socle de la famille ?

• Au printemps 2019, c’est le numéro 42 Divan Familial qui publie un sujet original « La contagion psychique en famille », dont l’argument est le suivant :
« Dans les consultations comme dans les thérapies familiales, il arrive que les pensées nous paraissent marquées par leur unité, par l’adhésion explicite ou tacite de tous les membres. Depuis Freud et son analyse de la psychologie des masses, la connaissance psychanalytique sur ce que l’on désigne comme contagion psychique s’est étendue. Différentes formules identificatoires, les processus d’interfantasmatisation, la fonction du porte-parole, les modalités de transmission entre les générations, les mécanismes de défense groupaux touchent cette question de près, mais les travaux réalisés et leurs issues laissent encore un sentiment d’incomplétude. La contagion psychique peut se jouer à travers l’impalpable tissu des échanges infraverbaux, offrant à l’analyste la perception contre-transférentielle de signifiants formels dont l’interprétation lui échappe sur le champ. Evoquant un engagement commun et partagé, témoignant parfois d’une telle force de cohésion groupale, d’une telle immédiateté qu’elle nous déconcerte, l’idée de contagion de la pensée nous pousse à interroger la manière dont elle affecte le contretransfert. Mais en amont, quelle est sa source ? Est-elle le fruit d’une homogamie implicite ? Son rôle plausible d’organisation groupale défensive n’interdit pas de penser à ses effets structurants dans l’économie familiale, l’activation des fantasmes, l’accrochage aux mythes, leur réaménagement ou leur création, le sentiment d’appartenance et l’affermissement du soi familial comme recours pérenne. »
Les contributions (articles, notes de lecture) sont à remettre avant le 15 octobre 2018 pour une publication au printemps 2019.

Enfin le numéro 43, inspiré du prochain colloque de la SFTFP (janvier 2019) « Tyrannie de la norme ? », paraîtra à l’automne 2019 et interrogera les pistes théoriques et cliniques induites par le rapprochement des concepts de tyrannie et de norme.